Vingt huit ans (28 ans) après sa mort, on peut encore sentir le pouvoir de sa musique à travers ses chansons éternelles et les messages puissants délivrés dans ses paroles. Ti Manno a reçu le don de chanter, c’était un compositeur et un arrangeur. Il était le musicien Haïtien le plus charismatique de son temps, et sa musique a fasciné des générations de fanatiques de konpa (musique populaire d’Haïti). Le talent unique de Ti Manno et sa musique réfléchie continue de résonner dans des millions d’Haïtiens et de Français de la Caraibe.

Ti Manno était un génie, en avance sur son temps, un prophète musical, un visionnaire et un révolutionnaire. Les textes de ses chansons ne se contentent pas d”analyser et d’élucider les vices et de citer le manque de progrès en Haïti, mais sa musique jette également la lumière sur la condition humaine, l’unité Africaine, la liberté, l’exploitation, la corruption, l’immoralité et la descrimination. A la différence de beaucoup de chanteurs populaires de son temps, Ti Manno a eu le courage de dénoncer la nature ambigiie de la société Haïtienne. Il a compris son rôle en tant qu’artiste et le pouvoir de sa musique, dont il a usé pour ouvrir la conscience des gens. Il a été le premier Haïtien à dénoncer le harcèlement sexuel et la discrimination au travail, à travers ses chansons.

Bien que la carrière de Ti Manno fut de courte durée, sa contribution à la musique et à la société haïtienne a été très importante et ne doit pas être oubliée. A sa mort le 13 mai 1985, à l’âge de 32 ans, Ti Manno était devenu une icône nationale et la voix la plus influente de l’industrie de la musique haïtienne.

Ses chansons ont un attrait universel et possède des effets thérapeutiques sur quiconque les écoute. Le talent de Ti Manno, en tant que chanteur et qu’auteur, a dépassé les frontières. En prenant pour sujet le traitement inhumain infligé aux émigrés haïtiens lorsque ceux-ci arrivèrent sur le sol de certains pays, Ti Manno écrivit la chanson “Nan danjé” : on est danger où qu’on soit : aux Etats-Unis, aux Bahamas, au Venezuela, au Perou, au Canada, en Bolivie. Nous sommes en danger. Bien que nous ayons aidé beaucoup de ces nations à gagner leur indépendance, celles-ci nous ont montré bien peu de gratitude ; au contraire, elles nous ont traité comme des citoyens de seconde zone. Elles utilisent le fait qu’Haïti soit pauvre pour nous isoler et nous humilier. Je n’oublierai jamais le 26 décembre 1981, le jour le plus humiliant de ma vie, quand les services d’immigration américaine ont humilié publiquement des haïtiens migrants arrivant sur le sol de Floride. Ils avaient leurs chiens flairant et attaquant mes frères et soeurs haïtiens. Cela m’a blessé”. Dixit “Ti Manno”

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